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14/03/2010

CHRONIQUE DE CARTA 2007 (2)

Rencontre du 1er juillet 2007

SAINT VICTOR

Cette commune est située au nord du Doux, dans le canton de Saint Félicien. L'hagionyme peut être un indice d'ancienneté de sa fondation, mais l'église aujourd'hui en place est le résultat d'une reconstruction au XIX° siècle. Plus insolite est le nom qui détermine Saint Victor, "de Jaharceu" dans le cartulaire de Saint Barnard (Charrié p324). Est-ce une forme ancienne de "Jarcieu, commune proche de Beaurepaire en Isère ? A l'époque gallo-romaine, le lieu Saint Victor était dans le territoire de la cité de Vienne (Rémy) et la paroisse reste dans le diocèse de Vienne jusqu'en 1790.

Au sud-est de la commune, culminant à 691 mètres, le Montpoulier (ou Montpouillet), est un site remarquable, d'abord pour ses conditions naturelles: site de plateau, bordé d'escarpements. On y observe une ceinture de gros blocs non jointés et de rochers "in situ" . Une source à mi-pente a été récemment aménagée en fontaine ; elle figure comme source pérenne sur la carte IGN 3035O. Il est interessant de noter que dans les estimes de 1464 "Monpouillet" est alors une enclave qui dépend de Saint Félicien. Saint Félicien est une commune voisine de Saint Victor dont le prieuré fut fondé par les moines de Saint Barnard de Romans. Nul doute que ce terroir, d'abord plutôt difficile aujourd'hui, devait prodiguer un revenu ou des interêts quelquonques (taxes, droit de pulvérage ?) Quelques observations, d'ailleurs, permettent de considérer "Montpouiller" comme un relais de tranhumance : il est, par nature, convenable àl'établissement d'un  ; il est situé sur un axe reliant les pâturages d'estives vellaves et les zones d'hivernage rhodaniennes. Cet axe formait déjà l'armature des terres de l'évêché de Valence, s'élançant en pointe en direction de Beaudiner (sur l'actuelle commune de Saint André en Vivarais), qui, en 1144, s'appelait "Beldisnare" si l'on se reporte au bref du pape Lucius II (Charrié p71). "Beldismare", dans la haute vallée du Doux pourrait-il être une allusion à une nourriture abondante, de gras pâturages pour les troupeaux ? Quoi qu'il en soit, on voit ici un axe de circulation entre vallée du Rhône rive est et rive ouest et la montagne. D'autre part, si au point de vue féodal, Saint Victor était une possession des seigneurs de Tournon, l'église Saint Victor était remise au XI° siècle à l'abbaye Saint Barnard de Romans, comme plusieurs églises proches,comme Préaux, Lamastre ou Chalencon (A. Blanc p92)

Un toponyme particulier, dans la plaine entre Charmes et Soyons, pourrait représenter le point de départ des troupeaux en estive. Il s'agit de Champtrentenier (écrit aujourd'hui Champs Trenteniers sur la carte IGN 3035 O). Les troupeaux se comptant par trentaines d'individus peut-être avons nous ici un jalon des plus interessants sur le sujet de la transhumance en moyenne montagne ? D'ailleurs, un autre toponyme, proche de Montpoulier, pourrait avoir trait à une migration de bétail : le nom "Piquet" évoquant un arrêt des bêtres de bât.

J.Bouvier, J.C.Courtial, J.Dupraz, J.L.Issartel, A.Météry

 

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Rencontre du 4 novembre 2007

TOURNON

L'étude  choisie pour cette journée concerne la vallée du Doux et les ponts qui la franchissent, principalement celui nommé "Pont de César" souvent présenté comme "pont romain". La commune a gardé plusieurs témoignages d'une présence romaine. Même si son tracé est incertain, il est connu que la voie romaine de la rive droite du Rhône passait sur son territoire. D'ailleur un milliaire trouvé à Tournon au nom de l'empereur Tacite, un autre trouvé à Arras et gardé à Tournon, au nom de l'empereur Aurélien sont des indicateurs fiables d'un axe routier.

Lempereur Tacite règne dix mois de 275 à 276 et l'empereur Aurélien régne de 270 à 275.

Ni l'un, ni l'autre milliaire n'a d'indication de distances à un chef lieu de cité. Cependant on peut penser qu'ils marquent une  rénovation de la route romaine rive droite du Rhône, d'autant que les qualificatifs attribués aux empereurs évoquent la paix :

VERAE LIBERTATIS AUCTOR (Tacite)  = garant de la vraie liberté

PACATORI ET RESTITUTORI ORBIS (Aurelien) = pacificateur et restaurateur de l'univers.

En effet Aurélien bat Tetricus, l'empereur gaulois" et rétablis temporairement l'unité de l'empire. Est-ce cette renommée de pacification et cette réalité de la voie dont l'itinéraire n'est pas vraiment définie qui conduit à qualifier de "romains"plusieurs ponts ? 

Les vestiges du pont dit romain se situent à 250m en amont du pont médiéval en un point où les rives du Doux sont les plus proches. L'ouvrage est fixé sur la roche. En rive droite, l'accès pourrait être rupestre, le nettoyage des abords montre le rocher affleurant, soubassement du chemin qui  permet d'accèder à l'ouvrage. Deux murs récents laissant un passage de 4,5 m de large, fossilisent les anciens parapets. L'ouvrage est conservé sur une dizaine de mètres, il est rompu ensuite. Sur le rocher qui s'avance en direction di lit de la rivière on observe les restes de maçonnerie appartenant à la culée sud, sont visibles notamment les parements est et nord construits en moyens appareil. En rive gauche l'observation est moins aisée. Dans l'axe de la culée sud, une voie de 3 m de large construite sur un mur de soutènement pourrait correspondre à l'anord de l'ouvrage mais en provenance de la vallée du Doux. A priori, rattacher cet ouvrage d'art à l'Antiquité paraît difficile malgré les publications qui en font état et les découvertes de monnaies romaines sur le site (Blanc 1975). Une étude approfondie avec relevé est nécessaire pour déterminer la datation des vestiges de l'ouvrage que l'on voit aujourd'hui noyés dans la maçonnerie du construit en 1882 (E. Duby-Bergeron).

En 1251 une crue du Doux détruit le pont de César (Delarbre Histoire de Tournon p171). Le pont médiéval est construit de 1382/1470 et terminé en 1580.

MORDANE

Un lieu de passage sur le Doux ?

Le site de Mordane, inscrit dans une boucle du Doux, paraît avoir une importance historique certaine. Le lieu-dit est surplombé par le château de Saint Romain, attesté depuis 1084 et dont la période d'occupation court certainement jusqu'au XV° siècle (P.Y.Laffont). L'observation du cadastre napoléonien de 1818, atteste la traversée du Doux aux environs de Mordane. En effet, la route parvenant au hameau est signalée comme celle 'de Saint Barthélémy (Le Plain) à Lemps". Lemps setrouvant sur la rive gauche du Doux, cela implique un point de passage obligé.

Le passage à gué est en effet possible au lieu-dit "Les prés" le lit de la rivière étant large, sans présenter un obstacle insurmontable, même si le toponyme de "Mordane" semble rappeler le relief abrupt du ravin menant au nord jusqu'à l'ubac, "Mort d'Âne" au XVIII° s (Charrié)

Or, il est intéressant de constater qula route actuelle s'interrompt au niveau du hameau et que les habitants du lieu ne relèvent pas la pratique d'un passage par la rivière. Date précise de la fermeture de cette route ? D'après le cadastre l'appellation de la route reste inchangé quelques temps  aprés sa fermeture. Celle ci pourrait donc avoir lieu lors de la période révolutiooaire, peut-on lier la fermeture à une supposée appropriation de Mordane à  la faveur de la vente d'un "bien natioal"?

J. Bouvier, J.C. Courtial, J. Dupraz, J.L Issartel, A. Météry

 

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