28.10.2009

Préhistoire : Soyons

SOYONS : FIEF DE NOS ANCÊTRES

Qui ne connait pas cet imposant oppidum dénommé Malpas dominant la Vallée du Rhône moyen, dédié depuis des lustres à la déesse Soïo.

Au sud de cet éperon rocheux, surplombé par sa tour penchée, l'autre colline est dénomée le Serre de Guercy. C'est là que l'on découvre un site préhistorique des plus importants de France.

En 1872, deux archéologues, le vicomte Lepic et J. Sonier de Lubac, explorent les habitats troglodytes de cette colline qui recele un riche passé préhistorique et historique.

Les cavités principales, au nombre de six, sont orientées face à l'est. Toutes présentent un interêt exeptionnel, tant par la présence humaine trés ancienne qui y a déposé des témoins d'industrie lithique (outils en silex), dite technique levallois-moustérienne, datation moyenne de 45000 ans av JC (paléolithique moyen et inférieur) où de l'Homo sapien. Sous un climat inter glaciaire ces êtres vivent "associé" à une faune du quaternaire (ours des cavernes, félins, hyénes, rennes, bisons, chevaux (équs cabalus), rhinocéros.

D'autres passionnés, ayant eu vent de ces découvertes, tels que Mm Goury, De Mortillet, Baux, Combier, Blanc A, Valette Paul, Dumazel, Héritier A, ... apporteront aussi des témoignages sur les découvertes d'origine antérieures.

En 1972, le Club Archéologique  Crouzet, émanant du Comité d'Entreprise de cette socièté valentinoise, est préssentit pour réaliser une fouille sur un gisement exempt de toutes recherches antérieures : il prend l'appellation d'Abri Moula, du nom de l'inventeur qui est un soyonnais travaillant  dans notre entreprise. Une autorisation officielle de fouille est délivrée par M. Jean Combier. Les membres du club y consacrent pendant dix ans (1972-82) leurs week-end et leurs vacances.

Les sédiments sont tamisés pour recueillir le maximum d'indices afin d'obtenir des éléments datables au carbone 14 (C14), dans le laboratoire d'analyse de l'Université des Sciences de la Nature de Villeurbanne dirigé par le professeur Jacques Evin.

Pour nous, archéologues amateurs, mais respectant les principes de recherche professionnelles, il fut necessaire de s'entourer de spécialistes dans le domaine des déterminations en céramologie (poterie), en outils lithiques (silex), en sédimentologie (étude des sédiments), en palynologie (étude des pollens), sur la faune et la microfaune, en malacophonie (escargots) et en anthropologie (restes humains).

Les premières couches nous livrent des os humains, dont un crâne, datés au C14 de -5600 ans av JC et des tessons de poterie néolithique ( 2000, 50000 av JC). Sur la profondeur atteinte de 5,20 et une surface   de 20 m², les étapes intermédiaires nous livrent de fort jolis silex, racloirs, burins, lamelles, perçoirs et une abondante "récolte" de faune du quaternaire. Cette dernière est confiée pour détermination à Mme Evelyne Grégut Bonnoure du musée Réquien d'Avignon. Les petits éléments des rongeurs apporteront des précisions sur le climat de cette période froide (lemmings, musaraignes), qui possédaient de minuscules molaires trés bien conservées, admirables par leur formes vues au binoculaire. Ces derniers ont été étudiés par M. Jeannet de Macon.

Comment se représenter la vie de ces humains, leurs coutumes, où malgré la rudesse du climat, la précarité de leur habitat, de leur nourriture, naissaient de fragiles créatures devenues en quelques sorte nos prédécesseurs directs. Ceux-ci pourtant  déjà évolués par rapport à ceux de la vallée de l'Omo et de la Rift Valley éthiopienne où vivait Lucie dont les restes préhumains furent découvert par l'équipe du paléontologue français Yves Coppens.

Vers 1986, les fouilles de l'abri Moula ont été continuées par l'équipe de M. Alban Defleur (archéologue de Marseille), jusqu'à des niveaux datés de 75000 ans av JC avec mise au jour d'éléments osseux humains de l'Homme de Néandertal.

Qui aurait pu imaginer que nos débuts de recherches nous amèneraient à de tels résultats aussi remarquables où tout était en place dans la stratigraphie de ces  sédiments que nul autre avant nous, n'avait palpés depuis des millénaires. Au toucher d'un silex façonné, on ressentait une certaine émotion, en pensant à l'Homme qui , sans le savoir, nous le laissait en héritage depuis -33200 ans av JC.

Toutes nos découvertes et documents de fouille ont été déposés au Musée de Soyons, déjà trés riche en dépôts antérieurs se rapportant à ce site ardéchois, alors qu'en 1872 les découvertes étaient déposées à St Germain-en Lay.

N'hésitez pas de venir visiter le Musée de Soyons, ainsi que les grottes préhistoriques où sont reconstituées des scènes de ces époques anciennes.

Si la grotte Chauvet est une perle de l'art pariétal, Soyons est un petit bijou de la préhistoire rhôdanienne.

(Texte de P. Payen adapté par R. Serves, anciens présidents du Club Archéologique Crouzet)

 

 

08.09.2009

Idee de sortie avec nos petits

Que faire avec nos petits-enfants pendant les vacances ?

 

 

         Les vacances sont finies, nos maisons vont retrouver leur calme et nous, les grands-parents, notre routine. C’est pourtant avec un pincement au cœur et une petite larme au coin de l’œil que nous les avons vus partir jusqu’à l’année prochaine où, quelques jours avant la date prévue de leur retour, nous nous poserons de nouveau les mêmes questions :  « Comment occuper nos petit-enfants pendant leur séjour chez nous ? »

        

         Voilà une expérience vécue cette année en juillet avec mes trois petits-enfants de 7 et 10 ans.

En cours d’année, j’avais appris que des initiations aux fouilles archéologiques étaient organisées par l’équipe du musée de Soyons. L’information était exacte et un mercredi matin nous a trouvé dès 8 h 30 en train de gravir le sentier conduisant à la grotte Néron, où avait lieu l’activité. Peu à peu, la plate-forme s’est remplie d’adultes et d’enfants. La monitrice arrive, regroupe les enfants et commence une visite de la grotte, le groupe revient vers le porche où est installé un carroyage. La jeune fille explique à tout ce petit monde très attentif le but de la recherche archéologique, le « pourquoi » du carroyage, la façon de travailler avec les instruments qu’elle montre au fur et à mesure : dégrossissage avec la truelle, travail plus fin au pinceau, dessin sur la feuille de fouille et note, toujours sur cette feuille, de la nature de l’objet trouvé : os, dent, silex ….Elle insiste sur l’importance de la minutie du travail, la précision du dessin et l’exactitude de sa situation sur le carroyage.

Des groupes de trois sont formés, chaque groupe reçoit ses outils : seau, truelle, pinceau et feuille de fouille ; il est ensuite placé devant l’un des carrés et … ça y est la fouille commence ! Un nuage de poussière ne tarde pas d’environner tous les fouilleurs car l’enthousiasme est grand et on déblaie le sable à grands coups de truelle puis un premier cri fuse : « ça y est, j’ai trouvé ça ! ». Les trouvailles se multiplient et la monitrice va d’un groupe à l’autre pour aider à identifier les découvertes et rappeler qu’il faut dessiner l’objet et noter sa nature sur la feuille de fouille quelques parents ou grands-parents se rapprochent pour lui « prêter main-forte ».

         La fouille achevée, les outils rangés, les commentaires terminés, les adultes sont invités à visiter la grotte où ils ont droit à des explications plus techniques et plus précises  sur la vie de nos ancêtres de « Neandertal » puis tous ceux qui le désirent redescendent vers la grotte du « Trou du Renard » à concrétions.

 

         Enfin la visite du musée permet de terminer au mieux cette matinée surtout si on prévoit de pique-niquer au frais sous les  grands arbres qui ombragent l’aire de pique-nique.

 

         Le sentier qui grimpe jusqu’à la grotte de Néron est un peu raide mais quand on arrive au sommet, on est accueilli par un paysage à vous couper le souffle : le Rhône semblant encore inviolé, la plaine de Soyons avec toutes ses cultures, et la barre du Vercors qui ferme l’horizon.

 

         Et si vous décidez d’aller visiter la grotte « Trou du Renard », n’oubliez pas votre « petite laine » car, même si la température extérieure dépasse 30°C, la température intérieure est toujours, été comme hiver, de 14°C.

 

                                                                           Annie Favier

14.04.2008

MARS : UNE VILLA ROMAINE

UNE VILLA ROMAINE A ST GEORGES

Nous sommes en 1991, par une belle matinée de Décembre, un habitant du quartier de Mars, décide de planter des cerisiers dans son jardin. Dès les premiers coups de pioche, il découvre ce qui semble être une sorte de pavement. Conscient de la valeur de sa découverte, il constate il  contacte aussitôt le conservateur du musée de Soyons.

Après avoir déblayé la terre qui les recouvraient, on dégage les vestiges d'une mosaïque constituée de tesselles (cubes de marbre de 1 à 2 cm de côté) de trois couleurs: rouge, gris, blanc. Des dimensions encore impressionnantes : 5 mètres sur 2, des couleurs ternies mais encore bien reconnaissables, un dessin géométrique très lisible; c'est une pièce magnifique ! D'après les motifs qui la composent, elle paraît dater du IIeme siècle de notre ère, d'autre part, ces motifs, peu courants en Gaule, à cette époque mais fréquents en Espagne et en Afrique du Nord permettent deux hypothèses: réalisation par un artiste venu de ces régions ou commande passée par le maître des lieux qui y aurait vécu.

Au cours du printemps suivant, trois spécialistes ont procédé à l'enlèvement de la mosaïque pour la transporter jusqu'à "l'atelier de restauration de mosaïques de Saint-Romain-en-Gal" où elle subira une cure de rajeunissement. Malheureusement, une fois restaurée, cette belle pièce n'est pas revenue chez nous; c'est au musée de Soyons que vous pourrez l'admirer: elle orne le mur du rez de cfhaussée, face au bureau d'accueil !

La  découverte de la mosaïque a été le point de départ d'une campagne de prospection et de recherche d'autres vestiges gallo-romains d'autant que la tradition populaire faisait état de restes de maçonnerie, de dallages, de tuiles découvertes fortuitement au cours des travaux agricoles, au début et dans le courant du XXeme siècle. Ainsi, dans les années 1910 sur le bord du Riou de Vel furent découverts des fragments de plaque de marbre rose et vert, en 1937, au cours d'un défonçage, un agriculteur exhuma quantité de tuiles et de blocs maçonnés sansparler de sols dallés et d'autres restes de canalisations qui sont signalés de temps à autre à ces périodes.

Finalementil apparaît qu'il a existé au quartier de Mars, aux premiers siècles de ère une vaste et riche villa gallo-romaine sétendant sur une superficie d'un à deux hectares comportant certainement (selon les archéologues) la maison du maître (pars urbana) ornée de colonne, mosaïques, placages de marbre, bassin monumental et la ferme (pars rustica) avec ses pressoirs à huile, à vin, bassin de décantation.

Actuellement, rien, dans la campagne ne permet d'imaginer qu'en cet endroit dorment, peut-être encore, des merveilles et il suffira d'un labour plus profond ou d'un coup de pioche (malencontreux ou bienheureux ?) pour retrouver les souvenirs bien émouvants de ceux qui ont vécu et travaillé cette terre il y a bien longtemps.

                                                                                        Annie Favier

 

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